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La ruée vers les Garanties d’Origine

Voilà maintenant 5 mois que les prix du marché des Garanties d’Origine est en hausse.  Entre le 1er juillet et la fin novembre 2022, le prix unitaire d’une GO en Europe a quadruplé pour dépasser les 10€/MWh. Cette hausse s’accélère ces dernières semaines, d’environ 1€/MWh par semaine, ce qui s’apparente à un spike. Les acteurs du marché doivent s’adapter. Une question peut donc se poser : jusqu’à quand cela va durer ?

Concernant les GO liées à la production d’électricité de 2022, les acheteurs sont contraints d’attendre l’occurrence d’enchères étatiques, en France, en Italie ou encore au Portugal pour tenter d’obtenir les volumes désirés. Le marché de gré-à-gré offre quant à lui peut de liquidité.

Quelles perspectives pour 2023 ?

Maintenant que l’année 2022 touche à sa fin, les acteurs tentent d’anticiper la trajectoire que prendra 2023. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une situation au moins équivalente est envisagée. Pour la première fois, une situation de contango est suivie d’un backwardation. C’est-à-dire que les prix de 2023 sont supérieurs à ceux de 2022 (contango) mais que les années suivantes sont moins chères que 2022 et 2023 (backwardation). La synthèse des prix du marché de gros ci-dessous ne l’illustre pas encore mais des transactions pour 2023 sont faites au-delà des prix de 2022.

Source : Commerg[1]

Les acteurs du marché anticipent donc une tension qui se poursuit après l’année 2022, marquée par une forte sècheresse dans le sud de l’Europe. La question d’un « retour à la normale » concernant la production d’hydraulique semble donc être en doute. La production des trois derniers mois (août, septembre, octobre) est inférieure de 10% à l’année précédente.[2] Mais au-delà de cela, la tension vient d’une demande structurellement en hausse. Le marché pourrait donc bien être short de manière durable. En effet, la production d’électricité de source renouvelable ne représente toujours que 40% de la consommation européenne. Si la demande pour cette électricité dépasse cette part, le marché doit se tourner vers l’investissement dans de nouveaux moyens de production.

Néanmoins, un doute persiste sur la possibilité d’un marché tendu au-delà de 2024. Il en résulte des prix relativement attractifs sur les années 2024 et 2025.

Quelle stratégie d’achat pour les consommateurs ?

Les prix spots (production de l’année en cours) peuvent continuer d’augmenter ou se stabiliser à un niveau élevé ce qui risque d’engendrer progressivement un alignement des prix forward autour de 10€/MWh. 2023 est déjà aligné, 2024 et 2025 pourraient le faire également. Si les prix spot baissent, la situation de contango reprendra probablement sa place habituelle et les prix forward redeviendront supérieurs aux prix spots, mais à quelle hauteur ? L’attente d’une baisse des prix spot pour se couvrir à terme peut donc être risquée.

La tendance pour l’année 2023 reste donc à la hausse. Les producteurs et fournisseurs de GO pensent que la production hydraulique ne reviendra pas à la normale de sitôt, alors que la demande continue d’accroitre. Une stratégie d’achat à long terme peut-être une solution pour les consommateurs afin de limiter l’envolée budgétaire de la démarche.


[1] Ces prix sont la moyenne entre les prix demandés par les producteurs et les prix proposées par les revendeurs, sur le marché de gros européen. Ils ne représentent pas exactement la réalité du marché de détails, qui dépend de nombreux autres facteurs.

[2] https://ember-climate.org/countries-and-regions/regions/europe/

Le marché des Garanties d’Origine prend de la valeur

Cette année 2022 est sans aucun doute une année charnière pour le marché des Garanties d’Origine en Europe. Le prix des GO atteint enfin des valeurs significatives. Ainsi, les consommateurs augmentent la rentabilité d’une production d’électricité renouvelable. Et l’Europe s’assure une plus grande indépendance énergétique tout en répondant efficacement à la crise climatique.

Des tensions entre l’offre et la demande ?

La sécheresse de cet été a bel et bien eu une incidence sur le volume de Garanties d’Origine émises sur le marché. Entre janvier et août 2022, le volume de GO émises est légèrement inférieur à celui de 2021 (-0.7%) alors que les émissions sont habituellement à la hausse (+15% entre 2020 et 2021). A l’inverse, le nombre de GO annulées (toutes périodes de production confondues) en 2022 est nettement supérieur à celui de 2021 sur la même période (+12%)[1]. La demande est donc en nette hausse tandis que l’offre est en baisse, insufflant une crainte de tensions entre l’offre et la demande sur certains produits. Un manque de liquidité est parfois même bien présent.

Un prix unitaire historique

Cette situation a évidemment un impact sur les stratégies d’achat et de vente des acteurs du marché, et donc sur le prix unitaire de la GO. Les producteurs conservent le plus longtemps possible leur stock de GO en raison notamment du risque d’une production trop faible pour couvrir leurs engagements. Avec la hausse des prix, le volume de transactions baisse. Une première raison est l’atteinte plus rapide des limites de crédits que les entreprises s’octroient sur le marché de gros. La faible liquidité du marché de gros oblige les acheteurs à se reporter sur les enchères proposées par les Etats, qui, de ce fait, réalisent des performances.

Source : Commerg[2] (au 21/08/2022)

Situation éphémère ou réel changement ?

La succession de plusieurs phénomènes ont permis d’arriver jusque-là : la baisse de la production hydraulique, une hausse de la demande de plus en plus forte et le retrait du Royaume-Unis du marché prévu en 2023. Les consommateurs restent toutefois engagés dans la démarche malgré des factures bien plus importantes.

Une production hydraulique revenue à la normale pourrait faire baisser le prix de la GO. En revanche, une sortie du marché de la Norvège, ajoutée à une demande toujours plus forte et à un climat de moins en moins propice à une production électrique suffisante feraient encore plus grimper la valeur des Garanties d’Origine.

L’essentiel est que les Garanties d’Origine ont maintenant une réelle valeur monétaire permettant de booster la transition énergétique. Les consommateurs s’engagent de plus en plus dans la démarche de consommation d’électricité renouvelable malgré la hausse des prix. Les producteurs d’électricité doivent accélérer la transition énergétique pour répondre à cette demande, avant que celle-ci ne soit plus satisfaite.


[1] D’après les chiffres de l’AIB

[2] Ces prix sont la moyenne entre les prix demandés par les producteurs et les prix proposées par les revendeurs, sur le marché de gros européen. Ils ne représentent pas exactement la réalité du marché de détails, qui dépend de nombreux autres facteurs.

Le prix des Garanties d’Origine s’envole !

Ces dernières semaines, le prix unitaire d’une Garantie d’Origine s’est envolé de manière spectaculaire. En cette fin du mois d’août, une GO standard peut être vendue par un producteur entre 3€ et 3,50€. Jamais à l’échelle européenne la valeur du marché n’avait atteint de tels sommets. Une nouvelle situation qui aura forcément des conséquences.

C’est évidemment une très bonne nouvelle pour la transition énergétique du réseau européen. Les producteurs ou les Etats via les enchères perçoivent une meilleure rémunération pour l’électricité produite avec des énergies renouvelables. En France, les enchères ont rapporté à l’Etat plus de 51 M€ sur les productions de janvier à mai 2022. C’est déjà presque deux fois plus que sur l’ensemble de l’année 2021.

Source : DGEC

Mais pour savoir si cette situation est pérenne, il est important d’étudier les raisons de ce chamboulement.

Une demande encore et toujours plus forte

Avant même cette augmentation brutale, les prix se maintenaient depuis quelques mois à un niveau proche des records connus en 2018, autour des 2€/MWh. La demande en est la principale responsable, elle qui reste l’un des moteurs centraux à l’évolution du marché. Depuis 2021, les fournisseurs de Garanties d’Origine répondent à des besoins de plus en plus nombreux.

Source : AIB

La baisse de l’année 2020 peut être en partie expliquée par une consommation d’électricité plus faible au cours de cette période marquée par le ralentissement économique dû aux mesures sanitaires. Sur la période de janvier à mai, nous remarquons une augmentation des annulations de 58 TWh (+12%) entre 2021 et 2022, ce qui n’est pas négligeable.

La démocratisation des offres vertes des fournisseurs d’électricité donne plus de visibilité à la démarche de consommation d’électricité renouvelable. Cette nouvelle popularité multiplie les demandes des particuliers et des PME. Les acteurs du marché sont donc rassurés sur l’évolution positive de la demande et peuvent maintenir des prix élevés.

Par ailleurs, les grandes entreprises prennent conscience de leur responsabilité dans le combat contre le changement climatique. Leur engagement est soutenu par des initiative telles que le SBT ou le RE-100. Leurs besoins en volume sont nettement plus importants et peuvent donc rapidement chambouler le marché. Les producteurs qui vendent au plus offrant se retrouvent dans une meilleure situation de négociation.

Une production hydraulique au plus bas

La sécheresse historique que l’Europe du sud connait cet été a un impact sur de nombreux domaines, notamment la production d’électricité hydraulique. Afin de maintenir un niveau d’eau minimum dans les réservoirs, la production d’électricité des barrages hydrauliques fut limitée, notamment en France et en Italie. Au nord, les pays Scandinaves ont choisi de prioriser le remplissage des réservoirs et anticiper un éventuel faible apport d’eau, au dépend de la production d’électricité dédiée à l’export.

Source : Ember (*données de janvier à juin)

Ces pays sont les principaux exportateurs de GO sur le marché européen, notamment grâce à leur production hydraulique. C’est donc un volume important, en général à moindre coût, qui n’a pas pu être mis en vente. Les futurs chiffres de l’AIB pour les émissions issues de la production de cet été devraient le confirmer.

L’offre étant réduite en même temps que la demande augmente, les prix ont logiquement augmenté.

Les prix pour 2022 plus élevés que pour 2023 !

Le constat le plus surprenant de ces dernières semaines est l’inversion des prix forward[1] pour former un « backwardation ». Généralement, le prix unitaire d’une GO a tendance à être plus élevé pour les années futures. Cette forme classique est appelée un « contango ». Mais depuis peu, le prix du marché des GO de 2023 et 2024 est inférieur à celui de 2022. Les acteurs estiment que la sècheresse pèse essentiellement sur l’électricité produite au cours de l’année 2022. Les producteurs rachètent des GO pour couvrir leurs ventes forward alors que des fournisseurs et consommateurs accélèrent leurs achats sur cette même période. A noté tout de même que les GO d’une année de production peuvent être utilisées pour l’année de consommation suivante dans beaucoup de pays européens. Il est donc d’autant plus étrange d’observer une courbe forward en backwardation.

Source : Commerg[2]

Un autre facteur que la sécheresse actuelle explique ce backwardation. Le Royaume-Uni a confirmé qu’il n’autoriserait plus l’importation de GO Européennes sur son territoire. Sur l’année 2021, le pays importait près de 65 TWh de GO[3], soit l’équivalent de la demande Française ! Une demande conséquente qui sera retirée du marché dès avril 2023. Logiquement, les acteurs anticipent cette baisse de la demande, impactant le prix du marché mais uniquement à partir de 2023.

La situation actuelle du marché vient donc d’une succession de conjonctures favorables. Les prix vont-ils se maintenir aux niveaux que nous connaissons actuellement ? Ce qui est sûr, c’est que la demande est belle et bien présente, de bon augure pour le futur du marché.


[1] La notion de forward correspond à la production des années futures

[2] Ces prix sont la moyenne entre les prix demandés par les producteurs et les prix proposées par les revendeurs, sur le marché de gros européen. Ils ne représentent pas exactement la réalité du marché de détails, qui dépend de nombreux autres facteurs.

[3] D’après les chiffres d’Ofgem traités par Origo.

Vers un changement des critères techniques de la RE100 ?

En début d’année, la RE100, qui rassemble les multinationales engagées dans la consommation d’électricité renouvelable, a ouvert une consultation sur des propositions de modification de ses critères techniques. Evidemment, cela concerne notamment les Energy Attribute Certificates (EAC). RECS International a répondu à cette consultation. Origo, en tant que membre de l’association et partenaire de plusieurs entreprises adhérentes à RE100, se joint à la réponse de RECS et vous fait part de ses avis sur la question.

Les frontières du marché électrique européen remises en cause

La première modification proposée concerne les frontières du marché électrique européen. Actuellement, une entreprise européenne peut utiliser des Garanties d’Origine dans tous les pays de l’Union européenne ou appartenant à l’Espace Economique Européen[1]. Mais de nombreuses entreprises adhérentes à RE100 sont aussi engagées dans le Carbon Disclosure Project (CDP), qui considère le périmètre de l’AIB[2] comme l’unique marché européen. La contradiction entre les deux organisations est problématique et la RE100 souhaite donc s’aligner aux contraintes du CDP pour faciliter la chose.

Concrètement, une entreprise située en Roumanie, qui pour le moment peut acheter une GO d’un pays membre de l’AIB pour sa consommation (appelée ex-domain) ne pourra plus le faire puisque la Roumanie ne fait pas partie de l’AIB.

RECS International recommande que les frontières du marché soient constituées des membres de l’AIB et/ou de l’UE/EEE/AELE. Cela permettrait de reconnaitre les règles de l’EECS[3] ainsi que celles du marché européen définit par la loi. L’AIB ne doit pas avoir plus de poids que les différentes organisations européennes concernant la revendication d’une consommation d’électricité renouvelable.

Nous pouvons ajouter qu’au-delà de donner une dimension juridique aux standards de l’AIB et de l’EECS, cette redéfinition des frontières du marché limiterait de nombreuses entreprises dans l’atteinte des 100% de consommation d’électricité renouvelable, faute de solutions simples dans certains pays exclus.

L’élargissement de l’approvisionnement de l’électricité dans certains cas

La RE100 souhaite par ailleurs donner la possibilité aux consommateurs d’un pays d’utiliser des EAC de pays ayant une connexion physique. Pour le moment, en dehors du marché européen et nord-américain, les membres de la RE100 doivent revendiquer une consommation d’électricité renouvelable provenant du même pays de consommation.

Le changement de stratégie devrait toutefois suivre différentes conditions :

  • La participation à un PPA ou l’achat d’EAC
  • Le volume d’électricité revendiqué doit être physiquement échangé par le(s) producteur(s) via les interconnexions électriques entre les deux pays.
  • La délivrance d’EAC reconnus dans les deux pays doit être spécifiée dans le PPA
  • Un mix résiduel doit être calculé dans les deux pays concernés

RECS International encourage les acteurs à acheter une électricité renouvelable du même marché que la consommation. Lorsque cela est nécessaire, l’organisation accepte l’utilisation d’EAC provenant d’un marché voisin. Elle considère que l’existence d’une capacité de transport physique entre deux pays justifie la possibilité d’utiliser des EAC pour les deux pays indistinctement. La nécessite de vérifier les flux physiques n’est pas pertinente, car c’est complexe et théoriquement injustifié. Nous pensons qu’il faudrait dans ce cas se soucier davantage de la saturation des interconnexions que d’un sens du flux.

Laisser la possibilité aux entreprises d’acheter des EAC aux pays voisins est une bonne chose. Cela obligera peut-être les pays d’où vient la consommation à mettre en place des systèmes pour soutenir le développement local des EnR plutôt que chez les voisins. Par ailleurs, cela permet aux consommateurs de bénéficier d’une liquidité suffisante pour s’engager tout en ayant un impact sur des zones électriques interdépendantes.

Une consommation d’électricité provenant de centrales de moins de 15 ans

La RE100 souhaite enfin intégrer une limite de 15 ans d’âge aux centrales de production couvrant la consommation de ses membres. L’organisation justifie cela par une volonté d’accélérer la transition du réseau électrique mondiale plutôt que de s’appuyer sur les capacités existantes.

RECS International pense que ce type de démarche devrait être laissé à la stratégie personnelle de chaque entreprise. De plus, de nombreux labels permettent déjà de valider une stratégie avec un impact supplémentaire que le simple achat d’EAC (EKOenergie, TUV, Green-e, …).

Chez Origo, nous sommes alignés avec la position de RECs International. Nous estimons que la complexification des critères décourage les entreprises à atteindre l’objectif de couvrir à 100% leur consommation d’électricité par des EAC renouvelables. Or, c’est cette volonté d’atteindre un mix 100% renouvelable qui va peser durablement et efficacement sur l’investissement dans de nouveaux moyens de production ainsi que dans la maintenance des moyens existants.

En conclusion, nous pensons que la RE100 devraient garder une certaine flexibilité dans ses critères, lui permettant de recruter de nouveaux membres. Plus la demande en énergies renouvelables sera grande, plus les marchés et les organisations gouvernementales devront y répondre par des moyens conséquents. Pour cela, la RE100 doit pouvoir accompagner les entreprises dans leur démarche en prenant en compte les difficultés physiques et législatives existantes dans certaines zones géographiques. La maturité des marchés viendra naturellement par la suite.


[1] https://www.there100.org/sites/re100/files/2020-10/Note%20on%20Market%20Boundaries.pdf

[2] Association of Issuing Bodies : association des pays suivants les mêmes règles de certification et de marché des GO

[3] European Energy Certification System : standard de certification des pays membres de l’AIB

Le marché mondial des Energy Attribute Certificates s’envole !

Le marché des Energy Attribute Certificates s’est particulièrement bien comporté au cours de l’année 2021. L’année des Garanties d’Origine a été marquée par de nouvelles réglementations, que ce soit en France ou en Europe, mais aussi par une forte hausse des prix. Les I-RECs sont quant à eux devenus un véritable marché et certaines zones connaissent déjà des tensions entre l’offre et la demande. Quels impacts ces chamboulements ont-ils eu sur le volume des transactions ? Regardons ce que nous disent les chiffres de l’AIB[1] et d’I-REC Standard[2].

Une hausse continue de la demande

Le marché des Garanties d’Origine poursuit d’année en année sa marche en avant. Pour la première fois depuis la création des GO, deux caps ont été atteints : celui des 700 TWh de GO émises et celui des 600 TWh annulées. Entre 2020 et 2021, la production d’énergie renouvelable tracée par des Garanties d’Origine a augmenté de 10%. Malgré une forte hausse du prix unitaire, les annulations ont elle aussi augmenté l’année dernière (+10,7%), témoignage d’une demande assumée des consommateurs.

Source : AIB

A noter que seules les GO EECS (European Energy Certificate System) intégrées au hub de l’AIB sont ici comptabilisées.

Concernant les I-RECs, bien que le marché soit moins mature que celui des GO, la croissance est exponentielle. Les volume d’émissions et d’annulations ont plus que doublé entre 2020 et 2021. Les transactions ont même été multipliées par 10 depuis 2018.

Source : I-REC Standard

Cette forte augmentation est notamment due à une ouverture du marché sur plusieurs pays, principalement en Amérique Latine.

Des marchés portés par quelques pays

Le marché des GO est toujours approvisionné traditionnellement par les mêmes locomotives que sont les pays nordiques, accompagnés depuis par l’Italie et la France. Les pays de la péninsule Ibérique permettent d’augmenter le volume disponible grâce à une belle hausse de leurs émissions en 2021. Le Portugal a notamment mis en place au cours de l’année des enchères similaires à celles que nous connaissons en France.

Source : AIB

L’Allemagne n’émet quant à elle encore que très peu de GO du fait de l’interdiction pour les producteurs bénéficiant de subventions de les marchander. Elle reste toutefois le principal consommateur d’électricité d’origine renouvelable d’Europe avec une demande qui frôle les 120 TWh. S’en suit un peloton composé dans l’ordre décroissant des Pays-Bas, de l’Italie, de la France, de la Suède et de l’Autriche et la Suisse, avec une demande entre 60 et 40 TWh. A l’opposé de l’Allemagne, la Norvège connait un écart abyssal entre les émissions et la demande locale (-125 TWh).  

Source AIB

De manière encore plus flagrante que les Garanties d’Origine, le marché des I-RECs est dirigé par une poignée de pays. La Chine domine largement le marché avec plus de 25 TWh d’I-RECs émis pour près de 20 TWh d’annulations. A savoir que les I-RECs Chinois sont souvent utilisés pour couvrir la consommation de pays voisins dont les solutions de consommation d’électricité renouvelable sont difficilement accessibles.

Le Brésil et la Turquie tiennent quant à eux le marché dans leur région respective. D’autres pays en Amérique Latine et en Asie arrivent toutefois à répondre à la demande des consommateurs locaux. Nous remarquons par ailleurs que le continent Africain est en retard à ce sujet.

Source : I-REC Standard

La Norvège et l’Allemagne : illustrations des nombreux échanges de Garanties d’Origine

Depuis plusieurs années maintenant, la Norvège et l’Allemagne sont respectivement largement exportatrices et importatrices de Garanties d’Origine. L’Italie exporte elle aussi énormément, à cause d’une demande encore trop faible par les consommateurs Italiens comparée à l’offre, à l’instar de la France et de la Suède. Les Pays-Bas, dont la production est bien inférieure aux autres pays mentionnés, sont alors obligés d’importer des GO pour répondre aux attentes des consommateurs. 

Source : AIB

Le marché des Energy Attribute Certificates continue sa montée en puissance. Celui des I-RECs est même en pleine explosion. La demande augmente d’année en année, notamment dans les pays les plus consommateurs d’électricité. C’est un signe positif qui doit être confirmé et accentué dans les prochaines années. Il est notamment envisageable que le marché européen des GO soit fondamentalement court dès l’année 2023, tandis que l’année 2022 des I-RECs envoie pour le moment des signaux forts et sera probablement encore plus belle que 2021.


[1] Association of Issuing Bodies : organisme rassemblant l’ensemble des registres nationaux participants au marché des GO.

[2] L’International Renewable Energy Certification Standard : équivalent du marché des Garanties d’Origine à l’international (hors Amérique du Nord, Australie et Japon).

Une année 2021 record pour les Garanties d’Origine en France !

Après une année 2020 en baisse, le marché français des Garanties d’Origine est nettement reparti à la hausse pour connaître une année 2021 record. Les derniers chiffres d’EEX en date indiquent en effet une nette augmentation des transactions de GO issue de la production 2021 dans le pays. De bonne augure pour la suite !

Un taux d’utilisations sans précédent

La première statistique mettant en lumière cette nouvelle est le nombre d’annulations (=utilisations) des Garanties d’Origine. Plus de 25 TWh supplémentaires de GO 2021 ont été annulées par rapport à 2020, portant le total à 68 TWh au 25 avril 2022. C’est le plus gros total et la plus forte hausse depuis l’apparition du marché en France.

Source : EEX et RTE

En rapportant ce chiffre à la consommation d’électricité totale des Français en 2021 (468 TWh[1]), nous obtenons un taux d’annulation de 14,5%. La consommation d’électricité d’origine renouvelable française est la plus importante jamais enregistrée.

Un intérêt plus fort pour les Garanties d’Origine françaises

Deux autres informations sont à retenir : les émissions et les utilisations des GO françaises.

Les émissions frôlent pour la première fois les 100 TWh, bien aidées par les enchères qui ont fait carton plein. Elles se rapprochent de plus en plus du niveau de la production[2], signe que les acteurs du marché y voient une opportunité commerciale.

Les GO françaises sont en effet plus utilisées pour la consommation des Français en 2021 (46 TWh) qu’en 2020 (30 TWh). Néanmoins, cela ne compense pas la hausse de la demande. C’est donc l’intérêt européen qui en profite, illustré par une exportation des GO françaises historique. Plus de la moitié des GO émises en 2021 ont trouvé preneur à l’étranger (58,2 TWh, le double qu’en 2018).

Une confirmation dans les années suivantes ?

Les consommateurs Français ont-ils enfin entamé leur transition énergétique ? Ou la tendance va-t-elle s’essouffler ?   

D’après les chiffres des premières enchères sur la production de janvier 2022, la trajectoire est très positive. L’Etat, comme au cours de toute l’année 2021, a réussi à vendre la totalité des GO proposées (4,2 TWh). La différence cette fois-ci est que le prix moyen est trois fois plus élevé que la moyenne annuelle 2021, signe que la demande est bien présente. L’Etat a donc enregistré un chiffre d’affaires record sur une session avec un résultat de 8 millions d’euros, contre un peu plus de 2 millions d’euros en moyenne sur les sessions 2021. Nous pouvons donc imaginer une poursuite de l’évolution positive du marché des GO en France pour cette année.

Les consommateurs français ont prouvé l’année dernière que l’intérêt pour l’électricité renouvelable faisait son chemin. Espérons que l’année 2022 confirme la tendance positive pour que la France devienne enfin un acteur majeur de la transition énergétique du réseau électrique européen.


[1] Source : RTE

[2] Source : RTE

Une année 2021 réussie pour les enchères de Garanties d’Origine de l’Etat

Depuis septembre 2019, l’Etat met en vente via des enchères les Garanties d’Origine provenant de la production d’électricité renouvelable bénéficiant des subventions. Les dernières enchères portaient sur les Garanties d’Origine issues de la production du mois de décembre 2021. C’est donc l’occasion de revenir sur l’ensemble des enchères de l’Etat sur l’année 2021 afin d’en tirer certaines conclusions.

La demande est bel et bien là

L’Etat a réussi à vendre la totalité du volume qu’il a mis en vente sur l’année. Une performance particulièrement notable sachant que 100% des volumes à sa disposition ont été mis en vente chaque mois, excepté pour janvier (50%) et février (75%). L’Etat a donc pratiquement valorisé l’ensemble de la production qu’il subventionne, synonyme que la demande existe bel et bien.

Plus de 43,3 TWh ont trouvé preneur pour 2021 alors que seulement 15,7 TWh avaient été vendus en 2020, soit une augmentation de 177% !

Source : EEX

Un prix de vente proche du marché de gré-à-gré européen

Sur l’année complète, l’Etat a remporté plus de 28 millions d’euros. C’est 10 fois plus qu’en 2020 ! Vendre 100% du volume à sa disposition est une chose, mais le vendre au prix du marché de gros en est une autre. Cela signifie qu’en plus d’ajouter chaque mois environ 4 TWh au marché européen, l’Etat arrive à le vendre à des prix similaires aux prix de l’OTC[1]. On pourrait pourtant s’attendre à ce qu’un volume si conséquent ne trouve pas preneur, ou alors que la surabondance fasse baisser les prix. Mais le fait est que sur les douze sessions d’enchères, huit d’entre elles ont atteint un prix moyen supérieur au prix moyen sur le marché de gré-à-gré.

Source : EEX et Commerg

Au-delà de la preuve d’une demande importante à l’échelle européenne qui permet aux volumes mis aux enchères de se vendre, certains aspects des GO concernées sont particulièrement valorisés. Le premier aspect est le principe de mettre en vente des GO issues d’une production d’un mois bien défini. En France, le mois de production de la GO doit correspondre au mois de la consommation. Les enchères répondent donc au besoin des acheteurs de couvrir la consommation mensuelle de leurs clients. La mensualisation explique que certains acteurs proposent un prix élevé afin de s’assurer de l’obtention de GO relatives à un mois de production défini. De plus, il y a la possibilité pour les acheteurs de cibler des GO spécifiques, avec une technologie de production et une région particulières, voir même une centrale de production définie. Certains mettent donc un prix plus élevé pour s’assurer de récupérer les GO souhaitées.

Petit tour d’horizon des régions

Attardons-nous par ailleurs sur la répartition de la production d’énergie renouvelable subventionnée dans nos régions.

Source : EEX

Evidemment, l’aménagement urbain de l’Ile-de-France ne permet pas la production d’énergies renouvelables en grande quantité. Au contraire des régions Grand-Est et Hauts-de-France, dont les grands espaces permettent l’installation massives d’éoliennes. Globalement, l’éolien est l’énergie la plus en vue, du fait des nombreux investissements durant la dernière décennie. Des régions sont toutefois plus équilibrées, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. A noté que de nombreuses centrales hydroélectriques, notamment d’ARA, vont bientôt sortir des obligations d’achat de l’Etat. L’offre hydraulique sera donc de moins en moins disponible via les enchères et les fournisseurs devront s’entendre avec les producteurs afin d’acheter les GO au juste prix.

Contrairement aux enchères de 2020, qui laissaient penser que l’Etat aurait du mal à trouver preneur pour l’achat de ses GO, l’année 2021 fut une année pleine en tout point. Cela signifie que la demande existe, et c’est une bonne nouvelle. Espérons que l’année 2022, avec l’application des nouvelles réglementations, confirmera cette tendance.


[1] OTC = marché de gré-à-gré, où il n’y a pas d’interlocuteur entre l’acheteur et le vendeur

Le prix des Garanties d’Origine se maintient à un prix élevé

Depuis notre dernier article sur le prix du marché des Garanties d’Origine, celui-ci a poursuit sa hausse pour atteindre des niveaux jamais vus, dépassant même les records observés en 2018 à l’échelle européenne. Deux mois après la fin d’année 2021, nous remarquons encore un nombre important de transactions à des prix élevés pour cette année de production. Pourquoi le phénomène persiste ? Combien de temps cela va durer ?

La demande augmente toujours

Ce n’est un secret pour personne, la consommation volontaire d’électricité d’origine renouvelable augmente chaque année, et de plus en plus. Pour le moment, l’offre potentiellement disponible de Garanties d’Origine – 984 TWh de production EnR dans le périmètre AIB en 2020[1] – permet largement d’absorber cette demande – 714 TWh de GO 2020 annulées[2]. Mais l’écart pourrait réduire dans les années futures. Pour illustrer cela, remarquons qu’EDF a déjà annulé plus de GO pour l’année 2021 que pour la totalité de 2020[3]. Par ailleurs, les enchères de l’Etat trouvent preneurs pour la totalité des GO proposées à chaque édition, alors qu’il ne reste plus que le mois de décembre de disponible, mis aux enchères mi-mars.

Face à cette hausse de la demande, chacun des acteurs du marché va donc réagir à sa manière. D’un côté, les producteurs tirent profit de leur rôle d’approvisionneur en choisissant d’attendre le plus offrant pour vendre leur stock. D’un autre côté, les revendeurs de GO doivent parfois mettre un prix plus élevé que les autres pour sécuriser la couverture de la consommation de leurs clients.

Un écart de prix abyssal entre 2021 et 2022

Autre fait marquant depuis quelques mois, l’écart de prix conséquent entre 2021 et 2022 pour les GO européennes. Actuellement, 2021 oscille autour 1,2€/MWh alors que 2022 avoisine les 2,5€/MWh.  Nous aurions pu croire en fin d’année 2021 que les prix des deux années allaient se rejoindre, lorsque les besoins se font normalement plus rare. Mais il s’avère que la demande pour l’année passée ne s’estompe pas, si bien que les prix restent élevés et que les acteurs du marché anticipent ce même phénomène pour 2022.

Sachant que les Garanties d’Origine ont une durée de vie de 12 mois, il est possible d’utiliser des GO de la fin d’année 2021 pour de la consommation en 2022 dans beaucoup de pays européens (excepté en France). Les acheteurs vont-ils se tourner vers ce produit moins cher pour couvrir une consommation de 2022 ? Nous le saurons dans quelques mois. Actuellement, cette possibilité de report n’affecte pas les prix de 2022 qui continuent leur ascension.

Combien de temps cela peut-il durer ?

Les niveaux de prix actuels vont-ils se maintenir sur le long terme ? Pour tenter de répondre à cette question, il faut regarder les réglementations futures qui pourraient bouleverser le marché. On remarque déjà que la correspondance des GO avec la consommation française au pas mensuel a eu un impact sur le prix unitaire malgré un marché qui semble encore long.

Bientôt, le full disclosure à la production sera aussi mis en place dans le pays. Les consommateurs français auront donc le choix de consommer de l’électricité renouvelable, nucléaire ou fossile. Cette possibilité permettra à EDF de tracer son électricité fournie avec des GO nucléaires. En ayant cette rigueur, l’impact sur la hausse de l’empreinte carbone du mix résiduel calculé par EEX[4] sera extrêmement fort et immédiat. Ainsi les consommateurs seront invités à résoudre ce problème avec l’utilisation explicite de Garanties d’Origine.

En France encore, les enchères seront probablement bientôt élargies à une production future. Ce changement augmentera la liquidité sur le marché forward des GO françaises et pourrait avoir un impact sur le prix unitaire. Les revendeurs de Garanties d’Origine pourraient en effet s’approvisionner ailleurs que sur le marché de gré-à-gré.

Le prix juste de la transition énergétique ? 

Enfin, la question la plus importante est celle-ci : quel prix les consommateurs sont-ils prêts à mettre pour choisir l’électricité renouvelable ? Si le prix continue d’augmenter, certains vont-ils choisir d’autre solutions pour décarboner leur activité ? Avons-nous atteint un plancher où chaque acteur s’y retrouve financièrement ? Certains pays comme les Pays-Bas en 2018 et le Royaume-Uni et les Etats-Unis actuellement nous montrent que le prix d’un certificat peut atteindre des niveaux encore jamais atteint à l’échelle Européenne (entre 5 et 10 euros du MWh). Cela témoigne de l’engagement des consommateurs envers la transition énergétique. Il est à noter que ces niveaux de prix permettent d’installer les énergies renouvelables à  une rentabilité équivalente aux énergies fossiles. Il y aura donc des signaux d’investissement qui réduiront fortement la contribution de l’argent public dans de tels projets.

A nous, acteurs du marché, de convaincre les autres consommateurs que ce système peut financer la transition énergétique à grande échelle. 

L’avenir nous dira donc si la hausse des prix de ces derniers mois n’était qu’un feu de paille ou si la transition énergétique sera désormais soutenue par les consommateurs. Les réglementations futures aplatiront peut-être la courbe. Mais tant que la demande est là, le marché a encore de beaux jours devant lui.


[1] Selon les chiffres de l’AIE, auquel on soustrait la production d’EnR Allemande subventionnées ne pouvant émettre des GO (estimation).

[2] D’après les chiffres de l’AIB : https://www.aib-net.org/facts/market-information/statistics/activity-statistics-all-aib-members

[3] D’après les chiffres d’EEX (fichier zip): https://www.powernext.com/sites/default/files/download_center_files/GO_Registry_Data.zip

[4] Le mix résiduel est le mix par défaut associé à la consommation des Français. Il est calculé à partir du mix de production, auquel on intègre les imports/exports d’électricité et retire l’utilisation des Garanties d’Origine.

Origo se lance dans les Garanties d’Origine biogaz !

Origo se lance dans la fourniture de Garanties d’Origine provenant de productions de gaz biologique. Après les Energy Attribute Certificates, puis la mise en relation avec notre partenaire Ecoact pour la compensation carbone, Origo propose maintenant une solution complète vers l’atteinte de la neutralité carbone. 

Le principe des Garanties d’Origine biogaz est le même que celui des GO d’électricité. Pour 1 MWh de gaz consommé, une GO vous garantit qu’1 MWh de gaz biologique a été produit et injecté dans le réseau. 

Le marché des GO biogaz est bien moins mature que celui des GO d’électricité renouvelable. Pour le moment, il n’existe pas de marché européen commun, où l’import et l’export de GO entre les pays membres est facilement faisable. Cela est par ailleurs attendu pour la deuxième moitié de l’année 2022. 

En 2020, l’offre en GO biogaz en France était de 2 328 GWh, pour une demande de 1 237 GWh (53%). Cette offre double chaque année, offrant de bonnes opportunités aux consommateurs pour couvrir leur consommation, avec un prix qui devrait baisser en même temps que l’augmentation de l’offre. 
Plus d’information sur le Registre des Garanties d’Origine biométhane.
En Europe la même année, la production de biogaz – donc l’offre potentielle – atteignait 191 TWh d’après la European Biogas Association.

En élargissant son offre, Origo espère répondre aux attentes des entreprises dans leurs objectifs de réduction de leur empreinte carbone. L’équipe se tient prête à vous accompagner dans cette démarche et reste disponible pour toute demande d’information complémentaire. En attendant, nous vous tiendrons régulièrement informé de l’évolution réglementaire de ce marché du biogaz.

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