Synthèse des filières productrices d’électricité renouvelable en France.

Synthèse des filières productrices d’électricité renouvelable en France.

Observ’ER publie chaque année depuis 2013 un baromètre sur les énergies renouvelables. Ce dernier présente l’état des lieux de la production d’électricité et des puissances ou capacités installées de chaque filière des EnR en France. Leurs impacts socio-économiques y sont également synthétisés. Pour cette édition de 2018, les données relatives aux puissances installées s’arrêtent en septembre.
En novembre 2018, l’État français a annoncé la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Celle-ci est un document stratégique qui définit les priorités et moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs de la transition énergétique.
Les puissances installées et les emplois induits par la production d’électricité avec les EnR ne cessent de s’accroître.

La production d’électricité de source renouvelable en France pour l’année 2018

En fin septembre 2018, la puissance totale installée pour toutes les sources d’énergie renouvelable en France s’élevait à 50,2 GW soit 1,8 GW de moins que l’objectif fixé par la PPE pour 2018. Elle a quand même accru de 3,14% par rapport à 2017 . Cette croissance de capacité est essentiellement portée par la filière éolienne et photovoltaïque (PV).

La filière éolienne : 24 TWh – 17 100 Emplois pour 2017

En septembre 2018, en France, la puissance installée d’éoliennes était de 14,275 GW soit 716 MW de plus qu’en décembre 2017. Les régions Haut de France et la Région du grand Est représentent 47% du parc éolien Français.
En 2017, la filière a créé 1230 emplois de plus qu’en 2016.

La filière photovoltaïque (PV) : 8,6 TWh – 7 050 Emplois pour 2017.

La puissance installée a progressé entre 2017-2018. En septembre 2018, la France enregistrait 8,7 GW soit 697 MW de plus qu’en 2017. Remarquons que la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie ont le plus de puissance PV installé respectivement 237 MW et 1 784 MW. Pour l’année 2018, la filière n’atteindra pas l’objectif des 10 200 MW de capacité fixé par la PPE (selon l’Observ’ER).

La filière PV a employé 7 050 personnes en 2017 soit 2168 emplois de plus qu’en 2016. Rappelons que les emplois créés par la filière ont subi une baisse drastique à partir de 2011. Cela s’explique en partie par le moratoire instauré en 2010 par le gouvernement sur les installations de PV. Ainsi, les capacités installées par an de la filière ont chuté de 33% entre 2011 et 2012. Cela a entraîné une régression du nombre d’emplois liés à la filière sur la même période (29 377 en 2011 à 12 192 en 2012, soit une suite de 58,44%).

L’Hydroélectricité outil de stockage de l’électricité : 53,6 TWh – 11 590 pour 2017.

Elle reste la première source de production d’électricité verte en France. En septembre 2018, la puissance installée en hydraulique était de 25,7 GW.

La production d’hydroélectricité en 2017 était de 53,6 TWh soit une baisse 16% par rapport à la production de 2016. La sécheresse est l’explication majeure de cette baisse. D’ailleurs, selon Météo France, 2017 est l’année la plus sèche de la période 1959- 2017 .

L’hydroélectricité présente de nombreux avantages. Elle permet de soutenir le réseau électrique en cas de pic de consommation. Par exemple, le système de pompage-turbinage permet d’absorber le surplus d’électricité en cas de surproduction. Ce qui fait des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) un outil de stockage de d’électricité en quantité importante.

Christine Etchegoyhen présidente de la FHE ( France Hydro Electricité) pense que la France ne profite pas assez des avantages de sa filière hydraulique «…. Les objectifs ne sont pas assez ambitieux au regard du potentiel réel de la filière et de l’intérêt que revêt l’hydroélectricité pour les réseaux.»

Qu’en est-il des autres filières?

Les autres filières contribuent moins à la production d’électricité renouvelable en France. Bien qu’elle soit l’EnR la plus consommée en France, la biomasse solide est très peu utilisée pour la production électrique (0,59% de la production 2017). Elle est plus utilisée thermiquement. Elle représente plus de 40% de la production primaire d’énergie renouvelable .

  • Filière biogaz : 1950 GWh soit 0,5% de la production électrique totale de 2017; 447 MW de puissances installées en septembre 2018.
  • Les déchets urbains renouvelables : 2 220 GWh soit 0,41 % de la production d’électricité en 2017
  • La géothermie : 88 GWh soit 0,016% de production d’électricité 2017; 16,5 MW de puissances installées en septembre 2018)
  • Solaire à concentration (alternative au PV) : 9,75 MW de puissance installée en fin 2018. Grâce à son système de stockage thermique, cette technologie permet de produire de l’électricité en l’absence de soleil.

La production d’électricité en France reste dominée par le nucléaire. Depuis 2000 , sa part dans la production d’électricité française varie entre 71% et 79%. En 2017 , elle était de 71,6%. A l’horizon 2025, la France espère réduire ce pourcentage en la ramenant à 50% (PPE, 2018). Cette diminution sera compensée progressivement par l’augmentation de la production d’électricité renouvelable.

Le baromètre 2018 des énergies renouvelables électriques en France de Observ’ER est téléchargeable ici