Les idées reçues sur les certificats d’électricité verte, et comment les déconstruire auprès de vos parties prenantes 

Photo d'un paysage avec éoliennes pour représenter les EAC dans la CSRD

Dans vos stratégies RSE, de reporting carbone et de réduction des émissions Scope 2, les certificats d’électricité verte — Garanties d’Origine (GO) en Europe, Energy Attribute Certificates (EAC) à l’international — jouent un rôle central. Ils ne sont pourtant pas toujours bien compris, alors qu’ils constituent un outil de traçabilité reconnu pour attester l’usage d’électricité renouvelable dans le cadre des standards de comptabilité comme le GHG Protocol.  

Voici cinq idées reçues fréquentes, et les éléments de réponse à mobiliser avec rigueur et transparence. 

1. « Acheter des GO n’apporte rien à mon contrat d’électricité » 

La réalité : une GO est un instrument distinct du contrat de fourniture. Une offre dite « verte » chez un fournisseur ne garantit pas toujours, à elle seule, la précision souhaitée sur la technologie, la zone géographique, l’âge de l’installation ou le schéma de valorisation associé. 

Ce que vous pouvez expliquer : l’achat dissocié permet de mieux piloter votre stratégie selon vos priorités RSE, par exemple en ciblant une technologie précise, un pays donné ou une année de production. C’est souvent le meilleur moyen de garder la main sur la nature de l’attribut environnemental acheté. 

2. « Les GO ne servent qu’au greenwashing » 

La réalité : le système des GO repose sur une logique de traçabilité et d’annulation, afin d’éviter les doubles comptages et de relier un volume consommé à un volume d’électricité renouvelable revendiqué. En France, le registre national des Garanties d’Origine est géré par EEX, un opérateur désigné par l’État pour assurer l’enregistrement, le transfert et l’annulation des certificats. Cette gouvernance encadrée par les pouvoirs publics montre qu’il ne s’agit pas d’un mécanisme déclaratif “symbolique”, mais d’un dispositif officiel, structuré et vérifiable. C’est précisément ce cadre qui donne aux GO leur sérieux et leur valeur de preuve dans les démarches de traçabilité et de reporting. 

Ce que vous pouvez expliquer : ce n’est pas un simple argument marketing, mais un mécanisme de preuve. Il permet aussi de structurer une politique d’achat cohérente à l’échelle multi-pays, sans dépendre d’un montage contractuel différent dans chaque pays. 

3. « Un électron vert et un électron nucléaire, c’est pareil, donc les GO ne servent à rien » 

La réalité : physiquement, l’onde électrique est la même dans le réseau. Mais comptablement, la GO sert justement à distinguer les attributs de production et à les attribuer à un consommateur donné dans un cadre reconnu. 

Ce que vous pouvez expliquer : la GO ne prétend pas identifier une onde électrique dans le réseau, elle certifie qu’un MWh d’électricité renouvelable a été produit, injecté et retiré du marché des attributs pour être revendiqué par un acheteur. C’est cette logique qui rend la déclaration crédible. 

4. « Les GO françaises ne couvrent que l’hydraulique » 

La réalité : le périmètre est bien plus large. En France comme en Europe, les GO couvrent notamment l’éolien, le solaire, l’hydraulique, la biomasse, le biogaz et, selon les cadres applicables, d’autres technologies renouvelables ou bas-carbone associées aux mécanismes de certificats. 

Ce que vous pouvez expliquer : Le fait que les GO couvrent plusieurs technologies montre justement qu’il ne s’agit pas d’un dispositif limité à l’hydraulique. En France, elles permettent de valoriser différentes sources renouvelables et de choisir plus finement ce que l’on souhaite soutenir dans sa stratégie d’achat d’électricité verte. Autrement dit, l’intérêt des GO est précisément d’offrir une traçabilité plus précise, au-delà d’une simple offre “verte” générique. 

5. « Passer à une offre verte suffit pour réduire mon Scope 2 » 

La réalité : pour un reporting carbone robuste, il faut distinguer l’approche location-based et l’approche market-based. Dans l’approche market-based, les certificats d’attributs d’électricité restent l’instrument de référence pour documenter l’usage d’électricité renouvelable, sous réserve de respecter les critères de qualité et d’utilisation. 

Ce que vous pouvez expliquer : une simple promesse commerciale ne remplace pas un certificat utilisé dans les règles. La tendance actuelle du marché et des standards va d’ailleurs vers davantage d’exigence sur la traçabilité, l’adéquation temporelle et la qualité des instruments, ce qui renforce l’intérêt d’une stratégie bien documentée. 

À retenir 

Les EAC ne sont pas un substitut magique à une stratégie climat, mais un outil de traçabilité, de conformité et de communication crédible. Dans le contexte international, les EAC sont reconnus auprès de grandes instances telles que le GHG Protocol, le SBTI, et les pouvoirs publics. Les consultations en cours, notamment celle du GHG Protocol ouvrent la porte à des potentielles exigences plus fines en matière de reporting.  

Chez Origo, nous accompagnons les entreprises dans l’achat d’EAC, la conformité réglementaire et la formulation de messages clairs auprès de leurs parties prenantes. 

Contactez-nous pour plus d’informations.