La consommation volontaire d’électricité verte en Europe en 2019

La consommation volontaire d’électricité verte en Europe en 2019

L’AIB a publié les mix résiduels de 32 pays européens pour l’année 2019. Pour rappel, le mix résiduel correspond au mix d’électricité non tracé. Origo a pu à partir des données de l’AIB calculer le pourcentage de consommation volontaire d’électricité verte pour chaque pays européen.

En 2019, le mix résiduel européen est constitué à 53,53% d’énergies fossiles, 42,02% d’énergie nucléaire et 4,4% d’énergies renouvelables. La faible part d’énergies renouvelables s’explique par le fait qu’elles sont majoritairement tracées par des Garanties d’Origine et sont donc exclues du mix résiduel. En 2019, 1068 TWh des 1227 TWh d’énergies renouvelable produits ont été tracés par des GO d’après les données du rapport. En moyenne, la consommation volontaire d’électricité d’origine renouvelable est de 26% de la consommation totale en Europe. Cela représente une augmentation de 3pts par rapport à 2018. En France, le mix résiduel est composé majoritairement de nucléaire (81,98%), suivi des énergies fossiles (9,60%) et des énergies renouvelables (8,42%).

Taux de consommation volontaire d’électricité verte en Europe en 2019

Source : AIB

La consommation volontaire d’électricité verte en France reste très basse avec un taux de 10,9% et ce malgré une belle hausse de 3,5 points de pourcentage entre 2018 et 2019. Les 5 premiers pays consommateur d’électricité verte (Autriche, Luxembourg, Irlande, Suède et Suisse) sont largement devant le peloton, avec un pic pour l’Autriche qui se rapproche de très près d’une consommation 100% d’origine renouvelable (98,04%).

Différence du taux de consommation volontaire d’électricité verte entre 2018 et 2019

Source : AIB

Parmi les pays qui consomment de plus en plus d’électricité verte, nous retrouvons de nouveau la Suisse et le Luxembourg avec respectivement une augmentation de 19,68 pts et 23,2 pts entre 2018 et 2019.

Deux pays ont en revanche perdu une bonne part de consommation d’origine renouvelable. Il s’agit de la Belgique (-9,52 pts). Selon un acteur du marché des GO, il semblerait qu’une part non négligeable de GO belges soit éligible au mécanisme d’exemption de taxe du Royaume-Uni ce qui expliquerait un fort taux d’exportation.

Les pays les plus consommateurs d’électricité verte en Europe sont aussi ceux qui tracent le plus l’électricité. L’Autriche pratique en effet le full disclosure dont le principe est de tracer tout MWh d’électricité consommé, peu importe la technologie de production. La Suisse et les Pays-Bas appliqueront également ce principe à partir de l’année prochaine.

Mix résiduel des pays européens en 2019

Source : AIB

De manière générale, nous observons que les consommateurs choisissent de plus en plus de participer à la transition énergétique, résultant à une augmentation importante du taux de consommation d’électricité de source renouvelable. Cette tendance positive observée depuis plusieurs années reste trop faible pour peser significativement sur l’offre et ainsi créer des signaux d’investissements dans les pays européens. La Norvège et dans une moindre mesure l’Espagne et l’Italie sont à l’origine d’un volume très important de GO qui inondent le marché européen. La situation de la France qui est en mesure d’exporter des volumes très importants de GO est aussi très visible en 2020 avec l’effet dévastateur des enchères françaises sur le marché des GO européennes. Une hausse de la consommation d’électricité verte dans ces pays engendrerait un basculement de l’équilibre offre/demande et probablement un investissement durable et efficace dans les énergies renouvelables à l’échelle européenne.

Pays importateurs et exportateurs de GO en Europe en 2019

Source : AIB

L’instauration du full disclosure serait un bon début en France et permettrait de clarifier la situation concernant la traçabilité du nucléaire. Les acteurs pourraient alors faire un choix explicite vers les énergies qu’ils souhaitent soutenir. D’autres ajustements réglementaires auraient aussi un impact positif, tel que laisser la possibilité à des producteurs bénéficiant de subvention de commercialiser directement leur GO.



IVAN DEBAY