Une année 2021 réussie pour les enchères de Garanties d’Origine de l’Etat

Depuis septembre 2019, l’Etat met en vente via des enchères les Garanties d’Origine provenant de la production d’électricité renouvelable bénéficiant des subventions. Les dernières enchères portaient sur les Garanties d’Origine issues de la production du mois de décembre 2021. C’est donc l’occasion de revenir sur l’ensemble des enchères de l’Etat sur l’année 2021 afin d’en tirer certaines conclusions.

La demande est bel et bien là

L’Etat a réussi à vendre la totalité du volume qu’il a mis en vente sur l’année. Une performance particulièrement notable sachant que 100% des volumes à sa disposition ont été mis en vente chaque mois, excepté pour janvier (50%) et février (75%). L’Etat a donc pratiquement valorisé l’ensemble de la production qu’il subventionne, synonyme que la demande existe bel et bien.

Plus de 43,3 TWh ont trouvé preneur pour 2021 alors que seulement 15,7 TWh avaient été vendus en 2020, soit une augmentation de 177% !

Source : EEX

Un prix de vente proche du marché de gré-à-gré européen

Sur l’année complète, l’Etat a remporté plus de 28 millions d’euros. C’est 10 fois plus qu’en 2020 ! Vendre 100% du volume à sa disposition est une chose, mais le vendre au prix du marché de gros en est une autre. Cela signifie qu’en plus d’ajouter chaque mois environ 4 TWh au marché européen, l’Etat arrive à le vendre à des prix similaires aux prix de l’OTC[1]. On pourrait pourtant s’attendre à ce qu’un volume si conséquent ne trouve pas preneur, ou alors que la surabondance fasse baisser les prix. Mais le fait est que sur les douze sessions d’enchères, huit d’entre elles ont atteint un prix moyen supérieur au prix moyen sur le marché de gré-à-gré.

Source : EEX et Commerg

Au-delà de la preuve d’une demande importante à l’échelle européenne qui permet aux volumes mis aux enchères de se vendre, certains aspects des GO concernées sont particulièrement valorisés. Le premier aspect est le principe de mettre en vente des GO issues d’une production d’un mois bien défini. En France, le mois de production de la GO doit correspondre au mois de la consommation. Les enchères répondent donc au besoin des acheteurs de couvrir la consommation mensuelle de leurs clients. La mensualisation explique que certains acteurs proposent un prix élevé afin de s’assurer de l’obtention de GO relatives à un mois de production défini. De plus, il y a la possibilité pour les acheteurs de cibler des GO spécifiques, avec une technologie de production et une région particulières, voir même une centrale de production définie. Certains mettent donc un prix plus élevé pour s’assurer de récupérer les GO souhaitées.

Petit tour d’horizon des régions

Attardons-nous par ailleurs sur la répartition de la production d’énergie renouvelable subventionnée dans nos régions.

Source : EEX

Evidemment, l’aménagement urbain de l’Ile-de-France ne permet pas la production d’énergies renouvelables en grande quantité. Au contraire des régions Grand-Est et Hauts-de-France, dont les grands espaces permettent l’installation massives d’éoliennes. Globalement, l’éolien est l’énergie la plus en vue, du fait des nombreux investissements durant la dernière décennie. Des régions sont toutefois plus équilibrées, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. A noté que de nombreuses centrales hydroélectriques, notamment d’ARA, vont bientôt sortir des obligations d’achat de l’Etat. L’offre hydraulique sera donc de moins en moins disponible via les enchères et les fournisseurs devront s’entendre avec les producteurs afin d’acheter les GO au juste prix.

Contrairement aux enchères de 2020, qui laissaient penser que l’Etat aurait du mal à trouver preneur pour l’achat de ses GO, l’année 2021 fut une année pleine en tout point. Cela signifie que la demande existe, et c’est une bonne nouvelle. Espérons que l’année 2022, avec l’application des nouvelles réglementations, confirmera cette tendance.


[1] OTC = marché de gré-à-gré, où il n’y a pas d’interlocuteur entre l’acheteur et le vendeur